Aller au contenu

Tableau reste à vivre : calcul et exemples selon votre situation

Tableau reste à vivre

Deux personnes peuvent toucher le même salaire et ne pas avoir du tout la même marge de manœuvre à la fin du mois. Entre le loyer, les mensualités de crédit et les factures, ce qui compte vraiment, c’est l’argent qu’il reste pour vivre. C’est ce qu’on appelle le reste à vivre.

Mais comment le calculer correctement ? Et quel montant faut-il prévoir lorsqu’on vit seul, en couple ou avec des enfants ? À travers des tableaux et des exemples chiffrés, découvrez comment évaluer votre situation et pourquoi les banques ne regardent pas uniquement vos revenus lorsqu’elles étudient un crédit immobilier.

Sommaire

Qu’est-ce que le reste à vivre ?

Le reste à vivre désigne l’argent dont dispose un ménage chaque mois après avoir payé ses charges fixes. C’est cette somme qui permet de financer les dépenses du quotidien : alimentation, déplacements, vêtements, loisirs ou encore imprévus.

Cet indicateur donne une idée plus précise de votre situation financière que votre salaire seul. Une personne qui gagne 2 500 € par mois, mais dépense 1 800 € en charges fixes, dispose de moins de liberté financière qu’une autre qui gagne 2 000 € avec seulement 900 € de charges.

Le reste à vivre par personne est également important. Une somme de 1 200 € peut être confortable pour une personne seule, mais beaucoup plus difficile à gérer pour une famille de quatre.

Attention toutefois : les dépenses prises en compte ne sont pas toujours identiques. Pour établir votre budget personnel, vous pouvez adopter une méthode détaillée. Les banques, elles, utilisent leurs propres critères pour apprécier votre capacité à rembourser un crédit.

Comment calculer son reste à vivre ?

Le calcul du reste à vivre est assez simple. Il suffit de connaître vos revenus mensuels et les dépenses que vous devez payer régulièrement. Encore faut-il savoir quels montants inclure pour obtenir un résultat fiable.

Quels revenus prendre en compte ?

Commencez par additionner les sommes que votre foyer perçoit chaque mois. Il peut s’agir :

  • Des salaires nets réellement versés sur vos comptes ;
  • Des pensions de retraite ou d’invalidité ;
  • Des allocations et prestations sociales ;
  • Des pensions alimentaires reçues ;
  • Des revenus locatifs, après déduction des charges correspondantes.

Pour les revenus irréguliers, comme les primes ou les commissions, utilisez une moyenne prudente plutôt que votre meilleur mois.

Quelles charges fixes faut-il déduire ?

Il faut ensuite retirer les dépenses régulières qui pèsent sur votre budget :

  • Le loyer ou les mensualités de crédit immobilier ;
  • Les remboursements de crédits à la consommation ;
  • Les assurances et les mutuelles ;
  • Les factures d’énergie, d’eau et de télécommunications ;
  • Les frais de garde d’enfants et les pensions alimentaires versées ;
  • Les impôts et autres dépenses obligatoires.

Pour les factures trimestrielles ou annuelles, ramenez leur montant à une moyenne mensuelle.

Quelle formule utiliser pour calculer son reste à vivre ?

La formule est la suivante :

Reste à vivre = Revenus mensuels du foyer − Charges fixes mensuelles

Prenons un exemple. Vous percevez 2 400 € par mois et vos charges fixes représentent 1 350 €.

2 400 € − 1 350 € = 1 050 €

Votre reste à vivre est donc de 1 050 € par mois. Cette somme doit encore couvrir les dépenses courantes non déduites, notamment les courses, les loisirs et les imprévus.

Ce calcul constitue une base pour gérer votre budget. Une banque peut toutefois retenir d’autres charges ou appliquer une méthode différente.

Tableau du reste à vivre selon la composition du foyer

Un reste à vivre de 1 500 € n’a pas la même signification pour une personne seule et pour un couple avec trois enfants. Plus le foyer compte de personnes, plus les dépenses quotidiennes peuvent peser sur le budget.

Le tableau suivant présente plusieurs situations fictives pour comparer les montants disponibles après paiement des charges fixes.

Composition du foyerRevenus mensuelsCharges fixesReste à vivrePar personne
Personne seule1 950 €1 150 €800 €800 €
Couple sans enfant3 500 €2 050 €1 450 €725 €
Couple avec 1 enfant3 900 €2 400 €1 500 €500 €
Couple avec 3 enfants4 600 €2 900 €1 700 €340 €

Ces chiffres sont des exemples de calcul, et non des montants minimums recommandés ou exigés par les banques.

On remarque qu’un foyer peut disposer d’un reste à vivre total plus élevé, tout en ayant moins d’argent disponible par personne.

Prenons le couple avec trois enfants. Malgré ses 4 600 € de revenus, il ne conserve que 340 € par personne après les charges fixes. Cette somme doit notamment permettre de financer les courses, les vêtements et les dépenses courantes non encore comptabilisées.

Le reste à vivre par personne se calcule simplement en divisant le montant disponible par le nombre de membres du foyer.

Cette moyenne reste toutefois indicative : un enfant n’a pas nécessairement les mêmes besoins financiers qu’un adulte. Le coût de la vie, les habitudes de consommation et les dépenses déjà incluses dans les charges influencent également le niveau de confort réel.

Trois exemples concrets pour comprendre son reste à vivre

Pour mieux comprendre ce que représente cette somme au quotidien, prenons trois foyers aux revenus et aux dépenses différents. Les calculs permettent aussi de voir pourquoi un reste à vivre élevé ne garantit pas toujours un budget confortable.

Exemple 1 : une personne seule avec un loyer

Julie vit seule et gagne 1 850 € nets par mois. Elle loue un appartement pour 680 €, charges locatives comprises.

Chaque mois, elle paie également 85 € d’électricité et de chauffage, 45 € d’assurances, 45 € de téléphone et d’internet, 75 € d’abonnement aux transports et 70 € d’impôts mensualisés.

Ses charges fixes atteignent donc 1 000 €.

Calcul : 1 850 € − 1 000 € = 850 €

Julie dispose de 850 € pour ses courses, ses sorties, ses achats personnels et son épargne. Sa situation reste gérable, mais une dépense imprévue peut rapidement réduire cette marge.

Exemple 2 : un couple avec un crédit immobilier

Thomas et Léa gagnent ensemble 4 200 € par mois. Ils remboursent un crédit immobilier de 1 150 €, auquel s’ajoutent 60 € d’assurance emprunteur.

Leurs autres charges fixes comprennent 180 € d’énergie, 35 € d’assurance habitation, 280 € de crédit automobile, 85 € de télécommunications et 110 € de provision mensuelle pour la taxe foncière.

Au total, ils dépensent 1 900 € avant même de faire leurs courses.

Calcul : 4 200 € − 1 900 € = 2 300 €

Le couple conserve une marge appréciable. Mais il doit aussi anticiper l’entretien de son logement, les réparations et les dépenses liées à sa voiture.

Exemple 3 : une famille avec deux enfants

Avec deux enfants, les dépenses s’accumulent plus facilement. Imaginons une famille disposant de 4 100 € de revenus mensuels.

Elle paie 1 100 € de loyer, 220 € d’énergie et d’eau, 125 € d’assurances, 70 € de télécommunications, 420 € de garde d’enfants, 250 € de crédit automobile, 115 € d’impôts et 160 € d’abonnements aux transports.

Ses charges fixes représentent 2 460 €.

Calcul : 4 100 € − 2 460 € = 1 640 €

Il reste donc 410 € par personne, en moyenne. Pourtant, cette somme doit encore couvrir l’alimentation, les vêtements, les fournitures scolaires et les loisirs. Le budget peut vite devenir serré, surtout lorsque plusieurs dépenses imprévues surviennent le même mois.

Quel est le reste à vivre minimum pour obtenir un crédit immobilier ?

Lorsque vous demandez un prêt immobilier, la banque ne regarde pas seulement votre salaire. Elle cherche aussi à savoir si vous pourrez rembourser vos mensualités sans mettre votre budget en difficulté. Deux éléments entrent notamment en jeu.

Existe-t-il un reste à vivre minimum imposé par la loi ?

Il n’existe pas de reste à vivre minimum légal universel pour obtenir un crédit immobilier en France. Chaque banque évalue la situation du demandeur selon ses propres critères.

Le montant jugé suffisant dépend notamment du nombre de personnes dans le foyer, des dépenses habituelles et du lieu de résidence.

Une personne seule avec 1 000 € disponibles après ses charges n’a pas les mêmes besoins qu’un couple avec trois enfants.

C’est pourquoi un dossier peut être accepté par une banque et refusé par une autre, même avec des revenus identiques.

Quelle différence avec le taux d’endettement de 35 % ?

Le reste à vivre et le taux d’endettement mesurent deux choses différentes.

En principe, les règles du Haut Conseil de stabilité financière (HCSF) limitent le taux d’effort à 35 % des revenus, assurance emprunteur comprise. Des dérogations encadrées existent.

Prenons un ménage gagnant 3 500 € par mois, avant impôt sur le revenu, avec 1 200 € de mensualités de crédit, assurances comprises.

Son taux d’effort atteint environ 34,3 %. Il respecte donc ce plafond.

Mais il lui reste encore à payer ses autres dépenses : énergie, assurances, transports, alimentation et frais familiaux.

Respecter les 35 % ne garantit donc pas l’obtention du prêt. La banque doit également apprécier la capacité réelle du ménage à faire face à ses dépenses.

Comment augmenter son reste à vivre chaque mois ?

Pour améliorer votre reste à vivre, inutile de bouleverser toutes vos habitudes. Commencez par examiner les dépenses qui reviennent automatiquement chaque mois.

Consultez vos trois derniers relevés bancaires. Vous y trouverez peut-être des abonnements inutilisés, des assurances en double ou des forfaits devenus trop chers. Quelques économies de 10 ou 20 € peuvent finir par représenter une somme intéressante.

Si vos mensualités de crédit pèsent lourd, renseignez-vous auprès de votre banque sur les possibilités d’aménagement. Attention toutefois : réduire une mensualité en allongeant la durée du prêt peut augmenter son coût total.

Pensez également à vérifier les aides auxquelles votre foyer pourrait avoir droit, notamment pour le logement ou la garde d’enfants.