Nvidia vient de renforcer fortement sa politique de retour de capital aux actionnaires. Le 28 septembre 2026, le groupe a annoncé que son conseil d’administration avait ajouté 150 milliards de dollars à son programme de rachats d’actions.
Avec les montants encore disponibles auparavant, l’autorisation restante atteint désormais 235 milliards de dollars. Nvidia prévoit d’exécuter ce programme jusqu’à son exercice fiscal 2028.
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Une autorisation de 150 milliards, pas une dépense immédiate
Le chiffre de 150 milliards de dollars peut prêter à confusion. Nvidia n’a pas annoncé avoir acheté pour ce montant d’actions le 28 septembre. Son conseil lui donne simplement la possibilité de consacrer jusqu’à 150 milliards supplémentaires à de futurs rachats.
L’entreprise conserve donc une marge de manœuvre sur le calendrier et les montants réellement engagés. Selon Nvidia, l’autorisation totale encore disponible s’élève désormais à 235 milliards de dollars. Le groupe présente l’augmentation annoncée comme la plus importante jamais accordée à un programme de rachat d’actions.
Les rachats sont toutefois déjà importants. Sur le premier semestre fiscal 2027, clos le 26 juillet 2026, Nvidia a racheté 203 millions de ses propres actions pour environ 39,8 milliards de dollars. Rien qu’au deuxième trimestre, 94 millions d’actions ont été rachetées pour 19,7 milliards.
Comment un rachat d’actions peut soutenir le bénéfice par action
Lorsqu’une entreprise rachète ses propres titres, elle peut ensuite les annuler ou les conserver en actions propres. Si le nombre d’actions en circulation diminue, le bénéfice total de l’entreprise est réparti sur un nombre plus faible de titres.
Toutes choses égales par ailleurs, cela peut donc augmenter le bénéfice par action, ou BPA. Un rachat peut aussi compenser en partie la dilution créée par l’attribution d’actions aux salariés.
Cela ne signifie pas automatiquement que les actionnaires s’enrichissent. L’effet dépend notamment du prix auquel l’entreprise rachète ses titres. Acheter très cher peut détruire de la valeur, tandis qu’un rachat réalisé à une valorisation jugée attractive peut être plus efficace.
Pourquoi Nvidia privilégie aussi les rachats
Les rachats offrent davantage de flexibilité qu’un dividende régulier. Une entreprise peut accélérer, ralentir ou interrompre ses achats selon sa trésorerie, le cours de Bourse ou ses besoins d’investissement, sans envoyer le même signal qu’une baisse de dividende.
Nvidia verse déjà un dividende, mais sa capacité financière lui permet désormais d’utiliser plusieurs leviers à la fois. L’entreprise explique elle-même que sa génération de trésorerie lui donne les moyens de continuer à investir dans les technologies liées à l’IA tout en restituant du capital aux actionnaires.
Reuters souligne aussi que l’annonce intervient alors que le titre se négociait autour de 16,5 fois les bénéfices attendus sur douze mois, son multiple le plus faible depuis janvier 2015 selon les données de LSEG. Cette valorisation plus basse peut rendre les rachats plus intéressants pour la direction, même si cela reste une appréciation qui dépend de l’évolution future des bénéfices.
Une génération de trésorerie qui change d’échelle
Les comptes récents montrent pourquoi Nvidia peut envisager un programme aussi massif. Sur les six premiers mois de son exercice fiscal 2027, l’entreprise a généré 74,4 milliards de dollars de flux de trésorerie provenant de ses activités opérationnelles, contre 42,8 milliards un an plus tôt.
Au 26 juillet 2026, Nvidia disposait de 22,4 milliards de dollars de trésorerie et équivalents de trésorerie. En ajoutant ses titres de dette négociables, ses liquidités atteignaient 56,6 milliards de dollars. L’entreprise détenait également 42,8 milliards de dollars de titres de participation négociables.
Cette puissance financière ne supprime pas les besoins d’investissement. Nvidia continue de financer le développement de nouvelles puces, logiciels et plateformes d’IA, tandis que ses clients dépensent massivement dans les centres de données. Le nouveau programme montre surtout que la direction estime pouvoir financer simultanément sa croissance et des retours de capital beaucoup plus importants.
Le montant de 235 milliards de dollars reste donc une capacité autorisée, non une promesse de dépense intégrale. La vitesse réelle des rachats dépendra des décisions prises par Nvidia jusqu’à l’exercice 2028.
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