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Le dollar se renforce face à l’euro : concrètement, qui gagne et qui perd ?

Le dollar se renforce

Le dollar américain s’est hissé le 1er octobre 2026 à son plus haut niveau depuis environ 17 mois face à l’euro. En séance, la monnaie européenne est passée sous 1,123 dollar, tandis que le taux de référence de la Banque centrale européenne s’établissait à 1,1298 dollar pour un euro.

Cette hausse du billet vert peut modifier directement le coût d’un voyage, d’un abonnement, d’un produit importé ou la performance d’un portefeuille d’actions américaines.

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Quand le dollar monte, que signifie réellement le taux de change ?

Un taux de change indique combien d’unités d’une monnaie permettent d’obtenir une autre monnaie. Si 1 euro vaut 1,20 dollar, 100 euros permettent théoriquement d’obtenir 120 dollars, hors frais bancaires.

Lorsque l’euro passe de 1,20 à 1,12 dollar, il s’affaiblit face au dollar. Il faut alors davantage d’euros pour acheter le même montant en dollars.

Prenons un achat de 1 000 dollars. Avec un euro à 1,20 dollar, il coûte environ 833 euros. Avec un euro à 1,12 dollar, il revient à environ 893 euros. Le même produit coûte donc près de 60 euros de plus uniquement à cause du taux de change.

Le mouvement actuel est notamment associé à la forte hausse des rendements obligataires américains. Le rendement du Treasury à 10 ans a brièvement atteint 5,34 % le 1er octobre, son plus haut niveau depuis 2002. Des rendements plus élevés peuvent rendre certains placements en dollars plus attractifs et soutenir la devise américaine.

Voyager aux États-Unis devient plus coûteux pour beaucoup d’Européens

Pour un voyageur payé en euros, un dollar plus fort renchérit les dépenses réalisées aux États-Unis : hôtels, restaurants, transports, locations de voiture ou shopping.

Un hôtel facturé 1 000 dollars illustre bien le phénomène. Avec un euro à 1,20 dollar, la facture équivaut à environ 833 euros. À 1,12 dollar, elle approche 893 euros. Le voyageur n’a pourtant ni changé d’hôtel ni ajouté une nuit.

Le même mécanisme peut concerner des abonnements, logiciels ou achats en ligne facturés directement en dollars. La facture en monnaie locale augmente si celle-ci perd de la valeur face au billet vert.

Au Canada, le dollar canadien évoluait le 1er octobre autour de 1,4235 dollar canadien pour un dollar américain, après avoir touché son plus faible niveau depuis avril 2025. Un achat américain de 1 000 dollars représentait ainsi environ 1 424 dollars canadiens, hors frais.

Produits importés : un dollar fort peut aussi peser sur les prix

De nombreux échanges internationaux et certaines matières premières sont libellés en dollars. Une entreprise européenne ou canadienne qui achète des composants, des équipements ou des matières premières en dollars peut donc voir sa facture augmenter lorsque sa monnaie locale recule.

Cela ne signifie pas qu’une hausse du dollar se transforme automatiquement en hausse de prix pour le consommateur. Les entreprises peuvent avoir couvert leur risque de change, négocié leurs contrats à l’avance ou absorber une partie du surcoût. Mais si le mouvement dure, certains prix peuvent finir par augmenter.

À l’inverse, une entreprise européenne qui exporte vers les États-Unis peut bénéficier d’un euro plus faible. Ses produits deviennent potentiellement moins chers en dollars, ou ses revenus américains valent davantage une fois convertis en euros.

Les Américains et les investisseurs peuvent être avantagés selon leur situation

Pour un Américain voyageant en zone euro, la logique s’inverse. Un séjour coûtant 1 000 euros représente 1 200 dollars si l’euro vaut 1,20 dollar, mais seulement 1 120 dollars avec un euro à 1,12 dollar : 80 dollars de moins.

Le taux de change joue aussi sur les placements. Un investisseur européen ou canadien qui possède des actions américaines est exposé à deux mouvements : celui de l’action et celui du dollar. Une hausse du dollar peut amplifier le gain une fois le placement reconverti dans sa monnaie locale. À l’inverse, une baisse du billet vert peut réduire une partie de la performance boursière.

Il n’existe donc pas de dollar fort « bon » ou « mauvais » pour tout le monde. Son effet dépend de la monnaie dans laquelle une personne gagne son revenu, dépense, voyage, investit ou facture ses clients.

Sources